Le metier de Geriatre

Le metier de GeriatreLe metier de Geriatre

Qu’est ce qu’un gériatre ?

Par référence aux autres spécialités médicales, un gériatre devrait être un médecin qui pratique exclusivement la médecine gériatrique. Cela nous ramène à définir ce qu’est la médecine gériatrique. Elle ne peut être définie par l’âge. Il y a des vieux de moins de 60 ans et de plus en plus de jeunes de 75 ans. Avoir 80 ans ne signifie pas pour autant relever de la médecine gériatrique.

Au domicile, le généraliste reste le médecin de tous les âges. Le médecin de famille, ce généraliste qui va au domicile représente la première ligne de la médecine gériatrique. Mais tous les médecins sont amenés à soigner les malades âgés et très âgés et le gériatre n’en réclame pas l’exclusivité. La majorité des patients des ophtalmologistes sont des personnes âgées. Tous les médecins devront être formés au soin gériatrique.

Tous ont à soigner des personnes âgées, sauf les pédiatres et (pour l’instant en France) les accoucheurs. Le malade âgé relevant d’une spécialité précise doit avoir accès au spécialiste si besoin et celui-ci doit disposer de connaissances gériatriques, pour prendre sin de son malade. Le gériatre revendique tous les malades en perte d’autonomie ou en risque de perte d’autonomie. C’est le cas par exemple de tout octogénaire nécessitant une hospitalisation en urgence (hors chirurgie ou Soins Intensifs ) et il serait nécessaire que des gériatres puissent intervenir auprès des patients âgés dans les services de chirurgie. D’où une vue trop simpliste du médecin de la défectologie et du handicap. C’est l’inverse : plus le gériatre aura son malade tôt, plus il sera efficace et donc économe des deniers de l’Assurance Maladie.

Il vaut mieux qu’il voit le malade en évaluation gériatrique en ambulatoire plutôt qu’aux Urgences de l’hôpital : c’est déjà trop tard ! Les médecins libéraux qui envoient à un centre d’évaluation gériatrique leurs malades âgés en risque de perte d’autonomie liée à une maladie handicapante ont acquis l’expérience que confier un malade au gériatre, avant toute hospitalisation, est le meilleur moyen pour lui, généraliste, de conserver son malade au domicile et lui éviter l’hospitalisation.

Si celle-ci est nécessaire, que le malade gériatrique soit hospitalisé en Gériatrie Aiguë est indispensable – il évitera de développer ou d’aggraver ses difficultés – et non adressé en Soins de Suite Gériatrique après un séjour post-urgence dans une unité sans compétence gériatrique.

L’hospitalisation en Soins de Suite Gériatrique permettra une réadaptation et évitera nombre de placements définitifs. Une première activité du gériatre est la médecine hospitalière spécialisée : la médecine gériatrique. Cette discipline a un concours de recrutement spécifique en France, où l’on demande de disposer d’une qualification gériatrique : Capacité ou Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires (DESC). Il en est de même dans tous les pays de l’Union européenne où une spécialisation en gériatrie est exigée, sauf au Portugal, où une telle spécialité n’existe pas encore, mais les services de gériatrie non plus. Bref, ce premier aspect du métier du gériatre : la gériatrie hospitalière est définie par des services identifiables (pas assez nombreux) en hôpital général (un sur cinq dispose d’un service de gériatrie aiguë), un recrutement spécifique, des diplômes qualifiants nationaux, un exercice exclusif. Cette activité est de plus en plus ouverte sur la médecine ambulatoire, vu l’intérêt préventif majeur de l’évaluation gériatrique. Un développement massif de la gériatrie hospitalière est nécessaire et inéluctable.

Il est juridiquement et éthiquement inacceptable qu’un malade âgé « perde ses chances » en n’étant pas hospitalisé dans le service compétent. Un jour aussi, l’administration hospitalière réalisera que mettre le malade là où il est le mieux suivi induit des économies considérables, parfaitement démontrées : en gériatrie, la nonqualité coûte plus cher que la qualité. La gériatrie hospitalière recrutera de plus en plus. Un deuxième métier de gériatre est l’activité en institution médico-sociale. Certaines grandes institutions s’occupent de malades âgés chroniques lourdement handicapés et évolutifs.

Elle emploient des gériatres de type hospitalier depuis longtemps. D’autres ont recours, depuis longtemps aussi, à des gériatres coordonnateurs, médecins salariés de l’établissement, chargés d’établir les projets de soin, d’accepter les entrants, de former les équipes.

La réforme de la tarification prévoit la généralisation des médecins coordonnateurs à tous les Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) et précise la nécessité qu’ils acquièrent un diplôme de qualification. Il est indispensable que celui-ci soit la Capacité. Ces médecins ne pourront avoir une autorité sur l’équipe de soins, être acceptés par les intervenants libéraux et respectés par la direction que s’ils témoignent d’une réelle compétence. La tâche du médecin coordonnateur est celle d’un gériatre : établissement des projets de soin de malades handicapés évolutifs, formation et animation d’une équipe soignante. C

e n’est pas celle du médecin libéral qui ne s’occupe que de « son » malade. Dans d’autres pays européens, les systèmes analogues existent. Certains pays exigent une spécialisation (Pays-Bas) ; dans d’autres, elle est recommandée et des gériatres spécialistes travaillent en maisons de retraite (Italie). Dans d’autres, des formations sont fortement recommandées

– sans être exigées (Grande-Bretagne, Irlande)

– ; d’autres proposent des « masters », sorte de super-capacité (Espagne).

Beaucoup de gériatres travaillent comme coordonnateur sur plusieurs maisons de retraite EHPAD. Le développement du recrutement des médecins coordonnateurs démarre plus lentement que prévu ; il concernera progressivement des milliers d’emplois. Ces métiers de gériatres d’EHPAD sont définis par une activité et une discipline. Il est souhaitable que soit exigée progressivement la Capacité (accessible aux généralistes pour tous les coordonnateurs). Des médecins libéraux se déclarent « gériatres ». Certains sont des Capacitaires exerçant à temps partiel à l’hôpital ou en EHPAD.

Leur tarification dépend de leur diplôme médical : est-il de généraliste (Capacitaire) ou de spécialiste (avec DESC ou Capacité comme qualification gériatrique) ? D’autres ne disposent que de l’ancien Diplôme Universitaire de Gérontologie (DU), diplôme non qualifiant, qu’ils ont intérêt à transformer en Capacité. Certains n’ont aucune qualification gériatrique et n’ont aucun droit au titre de « gériatre ». Il serait indispensable que l’Ordre des Médecins définisse la dénomination de « gériatre » pour protéger malades, généralistes et gériatres.

La plupart des pays européens ayant développé une spécialité de gériatrie, il est certain que la spécialité d’exercice exclusif apparaîtra tôt ou tard en milieu libéral. Elle fonctionnera moins comme la Pédiatrie que comme les autres spécialités, avec des patients adressés par le généraliste pour avis pour projet de soins, ce généraliste assurant le suivi du patient. La franche coopération qui s’est établie en bien des lieux, entre gériatre hospitalier et médecin libéral, plus difficilement entre médecin coordonnateur et médecin libéral intervenant en institution, devrait être obtenue aussi en ville : les besoins du malade gériatrique exigent des connaissances spécifiques, une expérience spécifique, des diplômes spécifiques. Nul ne sait tout faire, ni ne peut tout faire. Le besoin crée la fonction et il y aura aussi des gériatres libéraux, mais seulement dans la mesure où ils rendront service aux généralistes et à leurs malades.

Rappelons que tout métier médical exige d’être défini par une qualification. En France il y a en a deux : – La Capacité de Gérontologie donne une compétence aux médecins généralistes et aux spécialistes ancien régime. – Le Diplôme d’Etudes Spécialisées Complémentaires de Gériatrie donne une compétence aux spécialistes de diverses disciplines pour exercer la gériatrie. À partir de 2004, le DESC devient qualifiant. Tous les pays européens (sauf Portugal) disposent d’un statut de spécialiste en gériatrie sous des formes diverses (cf. chapitre 6).

Be the first to comment on "Le metier de Geriatre"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*